J'ai écris cet article en voyant ce qui se trame au Zimbabwe où un problème critique va se poser.

L'aide alimentaire va en effet être divisée par deux : les gens dépendant de cette aide (la quasi totalité) n'auront plus alors assez de calories par jour pour vivre.http://www.guardian.co.uk/world/2009/jan/29/zimbabwe-starving-food-aid-cut

Parlons justement de surpopulation à nouveau.

Concernant le Zimbabwe, voici ce que l'on peut lire sur le net (The Atlantic, même s'il faudrait vérifier)

Zimbabwe gained independence in 1980, and soon achieved one of the highest population-growth rates in the world; the growth was encouraged by the Health Minister, who attacked family planning as a "white colonialist plot" to limit black power

Les chiffres parlent d'eux-même (tableau : http://www.populstat.info/Africa/zimbabwc.htm ). Ce qui jugule pas mal la croissance de la population en ce moment, c'est le SIDA : 1/3 de la population adulte a le SIDA. Il n'empêche que, malgré le Sida et la famine, le taux de croissance de la population reste de 1 % ! (double de la France).

A lire (très court) : http://www.aegis.com/NEWS/AFP/1999/AF990964.html

En effet, vous serez étonné d'apprendre que la surpopulation a fortement joué dans le génocide Rwandais par exemple. C'est la thèse que défend Jared Diamond dans son livre « Collapse ».

Le génocide peut facilement être vu, en filigrane, comme une sorte de terrible « remise à plat » pour diminuer les tensions en faisant décroître la population totale (par des tueries) par rapport aux ressources disponibles. Bien entendu, les différents entre Tutsie et Hutus sont un terreau fertile mais il fallait des tensions exacerbées pour en arriver là et sans surpopulation (par rapport aux ressources), l'escalade n'aurait probablement pas eu lieu.

Rappelons qu'il n'y a pas si longtemps de cela dans certaines contrées, on pratiquait l'infanticide pour réguler le niveau de la population :

Désolé : à peine né, t'es mort !

Il y a donc « fatalement », à chaque seconde qui passe, 2 personnes de plus sur notre planète Terre. Le taux de croissance mondial de la population est de 1.16 % environ.

Voici une courbe éloquente qui fait le parallèle entre l'industrialisation et la fulgurante poussée de natalité (et encore, on a le préso et la pilule !). Avouez que la poussée donne le vertige.

http://www.theoildrum.com/uploads/12/LongTermPopulation.gif

Par ailleurs, comme l'indique cette courbe, les enfants nés sur notre planète survivent bien mieux maintenant qu'il y a 15 ans.

http://www.voxeu.org/files/image/moshehazfig1.JPG

Enfin, je n'ai pas de chiffres ni de courbes mais, en moyenne, il y a aussi le fait que les enfants nés actuellement vont pomper plus de ressources durant leurs vies que leurs parents et leurs grand-parents car leur niveau de vie a augmenté (mon grand-père était mineur ; il n'en menait donc pas très large).

Un article de The Economist (« a bourgeoisie qui bourgeonne » http://www.economist.com/specialreports/displaystory.cfm?story_id=13063298 ) dit que jamais auparavant la « classe moyenne » n'avait autant représenté un tel pourcentage de la population mondiale auparavant.

Attention, tout est relatif dans la définition de la classe moyenne (qui parfois vit avec quelques dollars par jour !).

Cette « bourgeoisie » est en fait assez précaire car repose sur le crédit (voulu ou non).

Reste que cette classe-moyenne a une caractéristique fondamentale à mon sens : elle veut consommer et pollue beaucoup plus.

Certes, il y a le progrès mais il n'y a pas (encore) eu de progrès très intense du côté des ressources énergétiques et concernant l'exploitation des sols (pour la nourriture).

Comme vous le savez, on y pense fort mais on n'a encore rien de disponible ou seulement des pis-aller qui sont davantage une fuite en avant qu'autre chose (je pense à la révolution verte http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_verte#Les_impacts_environnementaux ).

Donc, tous ces facteurs montrent une chose : nous sommes trop nombreux sur Terre.

Mais ce n'est pas tout. Le plus inquiétant; comme je vous l'ai fait sentir un peu plus haut, nous sommes surtout trop nombreux à être « riche » ou à le devenir (ou à faire semblant).

Quand je dis riche, je m'inclus (et je gagne pas des masses au moment de l'écriture de ce billet) et je vous inclus, par rapport à la moyenne mondiale.

Je pensais récemment aux personnes malheureuses comme les employés de la CAMIF qui perdent leur emploi.

Donner le choix à un type du Zimbabwe et il signe tout de suite pour être à la place de cet employé chômeur. Je ne dis pas que la personne de la CAMIF n'a pas de raison de se plaindre, dans son contexte mais que dans le contexte global, ce genre de malheur est « peanuts » car la réalité GLOBALE est que vous, moi et les employés de la CAMIF, nous vivons tous sur le dos des pauvres du monde (et de nos enfants et de leurs enfants).

Lu sur Wikipedia (bon résumé de l'enjeu) dans l'article sur la surpopulation :

Says Peter Raven, former President of AAAS (the American Association for the Advancement of Science) in their seminal work AAAS Atlas of Population & Environment,

"Where do we stand in our efforts to achieve a sustainable world? Clearly, the past half century has been a traumatic one, as the collective impact of human numbers, affluence (consumption per individual) and our choices of technology continue to exploit rapidly an increasing proportion of the world's resources at an unsustainable rate. ...

During a remarkably short period of time, we have lost a quarter of the world's topsoil and a fifth of its agricultural land, altered the composition of the atmosphere profoundly, and destroyed a major proportion of our forests and other natural habitats without replacing them.

Worst of all, we have driven the rate of biological extinction, the permanent loss of species, up several hundred times beyond its historical levels, and are threatened with the loss of a majority of all species by the end of the 21st century."


Un petit blog vous donnera quelques indications utiles sur ce thème : http://www.overpopulation.com

Nous tous sommes coupables et partie intégrante de notre « lente » (ca dépend de l'échelle que l'on prend) auto-destruction (ou « remise-à -plat » suite à des catastrophes à venir).

On ne se soucie que du court-terme et on oublie que le but véritable de toute notre agitation dans la vie est principalement de donner au moins d'aussi bonnes voire des meilleures conditions aux porteurs de nos gènes : nos enfants.

Ce n'est pas gagné. Je dirai même que c'est plutôt perdu. Je sais : je suis pessimiste ici mais je ne vois pas d'issu à long-terme. Si vous voyez des lueurs d'espoirs, je serais très heureux de les entendre.

Toutes les conséquences de la surpopulation sur Wikipédia (énorme et effrayante liste) : http://en.wikipedia.org/wiki/Overpopulation#Effects_of_overpopulation

Nous ne commençons à peine qu'à entrevoir cette fatalité et la prenons pour quelque chose de très lointain alors que nous sommes les pieds plongés dans le problème.

Il vous faut comprendre également que le niveau de la population est un problème épineux. Un des problèmes majeurs est le paiement des retraites évidemment : comme continuer à payer des retraites si votre croissance de population est assez négative ?

Enfin, j'ai participé récemment sur un blog scientifique dont le billet avait pour thème "Pourquoi la Science ?". Honnêtement, ce que je vois actuellement, en tant que vulgarisateur des sciences, c'est que l'on mise actuellement sur la Science pour nous tirer du mauvais pas dans lequel elle a, en premier lieu, mis l'Humanité : principalement en permettant l'accroissement de la population (médecine + agriculture), l'accroissement de la longévité (médecine + agriculture) et le pompage de ressources.