Les américains commencent à beaucoup s'inquiéter de leur consommation d'essence on dirait. Ils ne font que de parler de leur 3 dollars par gallon. Ils n'ont jamais vu cela les pauvres : eux qui roulent sans y penser.

Comme vous le savez, ce sujet m'intéresse : voir mes billets précédents sur le sujet : "consommer moins en roulant 1" et "consommer moins en roulant 2". C'est devenu une véritable obsession ; je suis un maniaque et n'hésite pas à extraire le maximum de travail (au sens des cours de "Sciences Physique") de la moindre goutte de pétrole achetée.

Du coup, les sites qui parlent d'économie d'essence fleurissent aux US. Le fer de lance est constitué de ceux qui possèdent une Toyota Prius. Non seulement parce qu'il s'agit d'une hybride (batteries et moteur à essence) et que cela évoque leur souci de faire écologie + économie mais aussi parce que le tableau de bord donne pas mal d'indications et paramètres qui concernent ou influent sur la consommation. Ils ont même lancé un nom : le « hypermiling ».

Cela m'amuse car je pratique en fait le « hypermiling » depuis 6 ans environ (comme Jourdain, sans le nommer). Cela consiste à penser à tous les paramètres qui influent sur la consommation. Comme je n'ai pas les moyens d'acheter une voiture comme une Prius (voiture peu rentable et pas si écolo que cela au bout du compte, il faut le signaler), je fais cela avec ma 106. Déjà, je pars pas mal car il s'agit d'une voiture ancienne génération donc légère, donc consommant peu malgré un moteur qui date.

Des articles soulignent en effet de plus en plus le fait que les automobiles n'ont pas réalisé de progrès significatif dans la recherche à l' « antigaspi » . Je me rappelle de cette campagne quand j'étais jeune et que les crises pétrolières avaient laissé des traces depuis :

En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées.

Les voitures grossissent et les quelques rares techniques d'amélioration de la conso par des améliorations techniques subtiles est anéantie par l'embonpoint des voitures.

Les « hypermilers » échangent donc des tas de techniques afin de tirer le maximum de miles de leur gallons. Ils prennent ensuite des photos du chiffre donné par l'ordinateur de bord et postent sur les forums spécialisés. Il est fort à parier que cela devienne une sorte de jeu et même une mode.

La vidéo ci-contre parle du fait que la voiture de devant a le feu qui passe orange à 150 mètres d'elle mais qu'elle continue à la même vitesse et pile au niveau du feu. Le narrateur explique qu'il est plus intéressant de freiner gentiment tout de suite. Il y a un autre avantage que j'applique perso : je vois un feu rouge au loin (et parfois quelques voitures). Alors je freine doucement longtemps à l'avance. J'augmente ainsi la probabilité que le feu repasse au vert, que les voitures redémarrent et que je ne doive pas arrêter la voiture (et redémarre souvent en seconde).

Est-ce que cette mode passera l'Atlantique ?

Une des techniques les plus simples à mettre en oeuvre pour les « hypermilers » est de se servir de la gravité au max : ils se mettent au point mort lors des descentes. Classique...

J'ai pas mal lu sur une des techniques qu'ils ont « découverte » en 2005 : le « pulse and glide ». Cela revient, avec une Prius au départ, à prendre la vitesse moyenne à atteindre (genre 90 à l'heure) et partir de 80, accélérer à fond, arriver à 100 et laisser « glisser » au point mort pour revenir à 80 etc. Ils oscillent autour de la vitesse moyenne. Ce faisant, ils constatent qu'ils peuvent faire davantage d'économies que ce qui est annoncé par le constructeur.

Ce n'est pas dit tout de go sur les sites US mais je suis pour l'instant persuadé que le succès de cette technique provient d'un fait qui est contre-intuitif et peut être mal interprété si on le lit trop vite ou qu'on ne connaît pas la nuance entre vitesse et accélération et comprendre la notion de rendement. C'est simple : de ce que j'ai lu (mais je ne suis toujours pas sûr à 100 % ... mais à 99 ) un moteur est au fait de son rendement lorsqu'il accélère à fond. Il a été conçu comme cela.

Ainsi, même si vous consommez davantage lors de l'abord d'une cote, en réalité, votre moteur lui, a un meilleur rendement que lors de la conduite sur plat.

Alors dire qu'il faut accélérer doucement lorsque le feu passe au vert, c'est pas vrai ?

Ben, non, c'est une erreur à mon sens. Enfin, tout est une question d'anticipation mais si vous êtes au feu et que vous souhaitez atteindre 60 à l'heure (et que vous savez que vous n'aurez pas à piler ensuite au feu suivant), il faut idéalement « jouer le sportif » et appuyer sur le champignon (en plus, vous ferez plaisir à ceux de derrière et qui se traîneront moins) : c'est contre-intuitif mais logique techniquement parlant.

Encore une fois, il faut avoir du champ libre devant soi et ne pas accélérer de manière déraisonnée. De plus, il va falloir jouer de la boîte afin de chercher à arriver à la vitesse souhaitée (60 km/h) dans le minimum de temps possible.

De même, j'aimerais faire l'essai (je n'ai pas d'ordinateur de bord pour vérifier) mais je suis persuadé que faire des phases d'accélérations + « glissade » au point mort sur l'autoroute est plus rentable que d'aller à vitesse constante. C'est prouvé avec la Prius mais la Prius a le moteur complètement éteint en phase de glissade : elle consomme rien alors que ma 106 va faire du 1l/100 durant ces phases.

Attention ! toutes ces considérations n'incluent pas le paramètre sécurité ! C'est d'ailleurs le principal reproche que l'on fait à cette approche de l' hypermiling. A trop jouer, on peut prendre des risques et tuer quelqu'un. Quand on fait ce genre de chose, cela implique surtout d'être très très concentré sur ce qui se passe tout autour de soi .

Quelques liens pèle-mèle:

http://www.redorbit.com/news/science/949572/hypermilers_try_to_boost_gas_mileage/index.html

http://www.cleanmpg.com/forums/articles/t-saving-gas-by-hypermiling-4563.html

http://online.wsj.com/article/SB118055889115119023.html?mod=rss_PJ_Main


La deuxième vidéo est géniale mais n'a rien à voir avec le sujet : j'avais découvert grâce à une émission de TV (arte) que le film "Top Gun" était orienté "Gay". Tarentino l'explique dans un film en reprenant les phases clés. Les réalisateurs s'étaient inspiré d'un livre de photos d'hommes nus courant sur la plage (cible = les gays) pour réaliser la scène du Volleyball. Du coup, j'ai compris la part d'homo qui était en moi... (j'adorais ce film). Je me retrouve comme Dubosc dans son sketch

Non ! ... pas l'indien !